La Journée internationale des droits des femmes, instaurée par les Nations unies en 1977, est l’héritière des luttes ouvrières et féministes du début du XXe siècle. Elle incarne un combat universel pour l’égalité des sexes et la reconnaissance des droits des femmes. Pourtant, chaque année, le 8 mars divise : certains y voient une journée de lutte et de réflexion sur les défis restants, tandis que d’autres préfèrent marquer l’occasion par des célébrations festives. Un moment pour questionner les inégalités.
Le véritable sens du 8 mars, pour celles et ceux qui restent engagés dans la lutte, ne se résume pas aux discours officiels ou aux gestes symboliques. Il s’agit pour ces militants, d’un temps pour analyser le chemin parcouru et identifier les obstacles persistants. Tant que des femmes sont victimes de violences, d’inégalités salariales, d’exclusion des sphères de décision et d’une précarité grandissante, il est impératif que cette journée demeure un moment de réflexion stratégique.
Égalité et autonomisation
Le 8 mars 2025, ONU Femmes a choisi de se mobiliser sous le thème « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation », mettant en avant l’importance de l’inclusion et de la justice sociale. Au Burkina Faso, c’est la ville de Dédougou, chef-lieu de la région de la Boucle du Mouhoun, qui accueille la 168ᵉ Journée internationale de la femme sous le thème « Crise sécuritaire et humanitaire au Burkina Faso : quelles stratégies pour promouvoir l’entrepreneuriat agricole des femmes ? ». Le choix de ce thème souligne l’impact des conflits et des crises sur la condition féminine et invite à repenser des solutions durables pour renforcer leur résilience économique.
Célébrer les victoires sans perdre de vue la lutte
Mais faut-il pour autant s’interdire de célébrer ? Non! Les victoires arrachées de haute lutte méritent d’être mises en lumière. Des femmes qui ont brisé des barrières, qui ont œuvré dans l’ombre pour le bien des autres, doivent être honorées. La reconnaissance est essentielle : elle inspire, elle motive, elle rappelle que chaque avancée a été obtenue par le courage et la persévérance de celles qui ont refusé de se taire.
Toutefois, célébrer ne signifie pas sombrer dans l’euphorie au point d’oublier le combat. La fête ne doit pas être une ivresse qui nous éloigne des réalités criantes. Ce ne doit pas être un instant de réjouissance éphémère suivi de 364 jours d’inaction. Il est impératif de ne pas diluer la portée du 8 mars dans des manifestations superficielles, où l’essentiel se perd dans les flots de divertissements et de cérémonies sans lendemain.
Le 8 mars est une balise sur le long chemin de la justice sociale. C’est une date pour honorer, réfléchir et agir. Alors, célébrons, mais célébrons avec conscience. Car l’égalité n’est pas un privilège, c’est un droit, et il ne saurait être négociable.
8 mars : Réfléchir, célébrer, sans oublier d’agir

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