« Pourquoi laver les habits de toute la cour quand tu vis en grande famille ? Mais tu fais les comptes à 100 francs, 150 francs l’unité et tu leur adresses la facture. Tu travailles ! C’est un service ! », ces propos de Awa Sirani Doumbia, influenceuse féministe malienne et créatrice de contenus, ont suscité de nombreuses réactions. Quelques jours après cette prise de position, la famille de son fiancé a décidé de « se retirer » des préparatifs de leur mariage.
Le 27 septembre 2026 devait être le jour du mariage de Awa Sirani Doumbia. Mais, il n’aura finalement pas lieu. Parce que la famille de son fiancé a décidé de « se retirer » des préparatifs suite aux réactions à ses récentes prises de position sur le travail domestique des femmes.
« C’est un service ! »
Quelques jours plus tôt, lors d’une « conférence sur le féminisme », Sirani avait appelé les femmes à valoriser leur travail de Soins non rémunérés.
« Pourquoi laver [gratuitement] les habits de toute la cour quand tu vis en grande famille ? Mais tu fais les comptes à 100 francs, 150 francs l’unité et tu leur adresses la facture. Tu travailles ! C’est un service ! ».
Elle encourageait ainsi les femmes à reconnaître la valeur de leur temps, de leurs compétences et du travail domestique qu’elles accomplissent au quotidien. Sirani s’est ’ appuyé sur sa propre expérience. A l’en croire, son parcours entreprenarial a commencé lorsqu’elle a fini par rémunérer le temps d’écoute qu’elle accordait aux femmes qui venaient régulièrement se confier à elle et solliciter ses conseils.
« Je ne pouvais pas passer tout mon temps à les écouter gratuitement. J’ai commencé à les taxer à 25 000 Francs CFA l’heure. ».
Avec ces revenus, elle affirme avoir notamment acheté du matériel pour développer « La Chaîne de la Révolution », sa plateforme TikTok suivie par plus de 542 000 abonnés.
La facture de sa belle famille
Puis, quelques jours plus tard, sa facture tombe :
« Le mariage que nous avions prévu pour le 27 septembre 2026 est annulé. ».
Sirani ne donne pas davantage de détails sur les raisons précises de la décision. Elle refuse surtout d’en faire un règlement de comptes et demande à sa communauté de ne pas s’en prendre à la famille de son fiancé. Elle ne cache pas sa tristesse, mais refuse de laisser cette rupture définir son histoire ou son avenir.
«Je continue, mes projets continuent »
« Je suis triste. Bien sûr que je le suis. Mais je ne suis pas détruite. », rassure Sirani qui ne réduit pas leur histoire à cette fin. Elle a mentionné le père de son fiancé comme un « second père » et inviter ses fans furieux à respecter ses proches.
Pour Sirani, cette situation ne change pas la place qu’elle entend donner à son identité et à ses engagements féministes.
« Je suis une femme avant d’être une future épouse. Je suis une femme avant d’être une compagne », rappelle-t-elle.
Le 27 septembre ne sera donc pas le jour qu’elle avait imaginé. Mais l’annulation du mariage ne marque pas, pour elle, l’arrêt de ses activités.
« La Chaîne de la Révolution continue. Mes projets continuent. Mes engagements continuent. Mes combats continuent. Et surtout, moi, je continue. », a t-elle conclue.
L’économie invisible
Au Mali, les femmes consacrent près de quatre fois plus de temps que les hommes au travail domestique et aux Soins non rémunérés, selon l’Observatoire national du dividende démographique. Elles assurent 80 % de ce travail, contre 20 % pour les hommes.
En 2019, la valeur économique de ce travail a été estimée à 17,6 % du PIB malien.
La Rédaction
Silures Média
« Au-delà des faits! »

