En juillet 2026, un visuel circulant sur les réseaux sociaux a attribué au magazine « Maroc Hebdo », la révélation d’agressions sexuelles commises sur des joueuses de la sélection nationale féminine du burkinabè lors d’un stage militaire. L’examen du document et les déclarations de l’éditeur confirment qu’il s’agit d’un faux.
À la fin du mois de juillet 2026, un visuel présenté comme une page de l’hebdomadaire marocain « Maroc Hebdo » a été diffusé sur les plateformes numériques au Burkina Faso. Le texte affirme que six joueuses de l’équipe des Étalons Dames et un membre de l’encadrement technique ont saisi l’Union Nationale des Femmes du Maroc (UNFM) pour dénoncer des brimades et des agressions sexuelles. Selon ce document, les faits se seraient produits au camp de Loumbila pendant leur stage d’Immersion patriotique préalable à la CAN Féminine 2026 et impliqueraient des militaires burkinabè. L’ensemble des éléments recueillis par Silures Media démontre que ce document n’a jamais été publié par l’hebdomadaire.
Démentis
Interrogé sur l’authenticité du document le 30 juillet 2026, le Rédacteur en chef de Maroc Hebdo, Aïssa Amourag, indique :
« Cet article ne figure pas sur notre publication. Nous ne l’avons jamais publié. Il s’agit d’une usurpation d’identité. »
Les vérifications effectuées au niveau des médias et des acteurs de la presse marocaine à Rabat et Casablanca ne font aucune aucune mention de ces allégations dans les flux d’information locaux.
Le même jour, la Fédération Burkinabè de Football (FBF) a à son tour publié un communiqué rejetant ces accusations « totalement infondées et attentatoires à l’honneur, à la dignité et à l’image des joueuses », ainsi qu’à l’encadrement et aux Forces de défenses et de sécurité (FDS) engagées dans la préparation de l’équipe.
Examen technique
Analyse technique des informations
L’analyse de la page diffusée met en évidence plusieurs erreurs de composition et d’édition. Par exemple :
La numérotation: Le faux visuel porte la mention « Volume 27 » alors que la rédaction de Maroc Hebdo n’utilise pas cette nomenclature, mais, plutôt un suivi par numéro d’édition.
La période de parution : L’édition de Maroc Hebdo parue en fin juillet 2026 porte le numéro 1633 et couvre la période du 29 juillet au 3 septembre 2026 tandis que le faux extrait présente le 30 Juillet 2026.
Le contenu de la page 9 : Dans le numéro 1633 réel, la page 9 est consacrée à une communication institutionnelle du Groupe OCP adressée au Roi Mohammed VI pour son anniversaire . Elle ne traite ni de sport ni du Burkina Faso.
L’adresse du site web : L’adresse inscrite en bas du visuel (www.maroc_hebdo.com) contient un tiret bas, absent du nom de domaine officiel du journal.
La rédaction du texte : La fausse page comporte des erreurs de syntaxe et de typographie (« la même brimades », « suites à des tests » ainsi que la répétition à l’identique de plusieurs paragraphes.
Un cas de brandjacking
La redaction de Maroc Hebdo a formellement démenti la publication du « scandale » inventé.
Ce cas illustre une pratique connue sous le nom de brandjacking (ou détournement de marque). Le brandjacking désigne une technique d’imposture qui consiste à pirater ou usurper l’identité visuelle, la charte graphique ou la notoriété d’une entreprise, d’une institution ou d’un média crédible pour tromper le public.
Dans le cadre d’une opération de désinformation, l’utilisation frauduleuse du logo et de la mise en page d’un journal établi sert de caution morale. Elle permet au contenu fallacieux de bénéficier immédiatement du capital de confiance accordé au média usurpé pour favoriser la circulation virale de l’information avant que les lecteurs ne procèdent à des vérifications.
Verdict : FAUX! Aucun scandale sexuel sur les Etalons Dames n’a été révélé au Maroc !
Aminata SANOU
Cette vérification des faits a été produite par Silures Média dans le cadre du programme d’incubation Polish Embassy de l’Alliance africaine de fact-checking (AFCA). Elle a été réalisée avec le soutien de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, et avec le soutien financier de l’ambassade de Pologne au Sénégal. Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés.