A Bobo-Dioulasso, la moitié des primes pour « l’autre moitié du ciel ».
Le Racing Club de Bobo (RCB) a remporté la Finale féminine de la 2ème édition de la Coupe communale de la relève sportive, le 16 octobre 2026 au stade Wobi. Le lendemain, chez les hommes, le secteur 15 s’est adjugé le trophée. Et le moins que l’on puisse remarquer, c’est la valeur des récompenses qui creuse l’écart entre les deux vainqueurs de ces compétitions.
Le RCB (équipe feminine) est reparti avec une enveloppe de 500 000 Francs CFA, contre un million pour le secteur 15 (équipe masculine).
La même différence s’est imposée chez les finalistes. L’Association des Lionnes du Houet (ALH), 2ème chez les femmes, a reçu 300 000 Francs CFA, tandis que le secteur 26, finaliste malheureux chez les hommes, a obtenu 750 000 Francs CFA.
Certes, les deux compétitions ne reposent pas sur le même format. Parce que les femmes jouaient entre clubs, tandis que les hommes eux représentaient différents secteurs de la ville.
Cette différence peut peut-être expliquer une partie des choix des organisateurs. Mais suffit-elle à justifier un tel écart ? Quelles sont les critères de fixation de ces primes ?
Le débat porte donc sur la cohérence de cette répartition et la valeur réelle qui estaccordée aux performances des femmes dans le sport. Sans preuve d’une discrimination délibérée, il reste légitime de se demander pourquoi, dans une même initiative communale de promotion de la relève sportive, une victoire féminine rapporte deux fois moins qu’une victoire masculine alors que les joueuses s’entraînent et défendent les couleurs de leurs équipes avec la même ambition de gagner.
Les organisateurs ont le droit de tenir compte des spécificités de chaque compétition. Mais, ils doivent néanmoins pouvoir expliquer les critères qui ont guidé la répartition des récompenses. Cela ppermettait peut-être de comprendre si cet écart répond à des contraintes objectives ou s’il traduit une différence de considération pour le football féminin.
Bobo-Dioulasso ne manque pas de talents féminins. Encore faut-il leur donner les moyens de les déployer. La relève sportive sera plus solide si les femmes et les hommes se relèvent ensemble.
Aminata SANOU
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