Koudougou, aux environs de 4 h du matin, une dispute à 3 000 F CFA réveille tout un hôtel : « Volèr ! Volèr ! Volèr ! Il veut pas donner mon argent ! Tu as versé 2ème fois, non ? Tu dois payer ! ».
Dans la pénombre, une voix féminine s’élève et brise subitement le silence. Koudougou. Il est 4 h du matin. Dans le calme d’un établissement hôtelier, un cri strident retentit dans les couloirs. « Volèr ! Volèr ! Volèr ! Il veut pas me donner mon argent ! ». Assise au bord de son lit, les yeux grands ouverts, notre consœur sursaute. Elle pense d’abord à une intrusion ou un incident dans l’une des chambres. Mais très vite, elle comprend qu’une tout autre scène se joue à proximité.
D’abord désemparée, elle fait quelques pas, sans savoir quelle attitude adopter face à ce vacarme. Puis, l’oreille tendue, elle commence à saisir les contours d’une dispute qui ne tarde pas à attirer l’attention d’autres résidents. Une négociation discrète vient de prendre une tournure particulièrement bruyante.
Un accord qui ne tient plus
D’après les explications de la travailleuse du sexe, tout est parti d’un accord fixé à 3 000 francs CFA pour une prestation désignée sous le terme de « demi-saison », l’ expression employée pour désigner un rapport sexuel partiel, sans déshabillage complet.
Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Les contours de la prestation ont évolué. Le corps s’est finalement dévoilé entièrement, au-delà de ce qui était initialement convenu. La travailleuse du sexe réclame alors 3 000 francs CFA supplémentaires.
Le client estime avoir déjà payé ce qui était convenu et refuse de débourser davantage. « J’ai payé ce que je devais, je ne te dois plus rien », se défend t-il.
Les regards…
La réplique ne se fait pas attendre : « Mais tu as versé 2ème fois, non ? Tu dois payer ! ».
Les regards se tournent vers les deux protagonistes… Désormais entouré de curieux, le client finit par remettre les 3 000 francs CFA réclamés avant de quitter rapidement les lieux.
Sans protection suffisante, les travailleuses du sexe confrontées à des clients peu scrupuleux n’ont souvent que leur voix pour réclamer leur dû. Elles doivent parfois crier leur mécontentement au grand jour, au risque de s’exposer aux regards inquisiteurs, au jugement moral et, dans certains cas, à la violence physique.
Une nuit qui ne s’oublie pas
Au petit matin, le calme est finalement revenu dans l’établissement. Le client a réglé la somme réclamée et chacun a regagné sa chambre, non sans avoir été témoin d’une scène pour le moins inhabituelle. Quant à notre consœur, elle aura finalement payé la facture de cette négociation en heures de sommeil perdues. Une nuit dont elle se sserait passée volontier !
Aminata SANOU
Silures Média: « Au-delà des faits! »

