Pour la première fois depuis l’installation de l’Assemblée législative de transition, la question des serviettes hygiéniques et de la santé menstruelle a été officiellement portée à l’ordre du jour, ce vendredi 6 février 2026. Cette avancée est le fruit de l’interpellation de la députée Assita Bénédicte Françoise Romaine Bailou, qui a placé la dignité et la santé des femmes au cœur du débat parlementaire. En interrogeant le gouvernement sur les mécanismes de contrôle, d’analyse et de régulation des protections hygiéniques importées, la députée rappelle que la santé menstruelle relève d’un droit fondamental, au même titre que l’accès aux soins et à l’éducation.
Pour exprimer les inquiétudes de nombreuses femmes exposées à des risques d’irritations, d’allergies et de perturbations hormonales, la députée Assita Bénédicte Françoise Romaine Bailou s’est appuyée sur des alertes sur la présence éventuelle de substances chimiques toxiques dans certains produits. À travers cette démarche, elle a dénoncé une situation où la santé des femmes est souvent reléguée au second plan.
Vigilance gouvernementale
Le Ministre de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat, Serge Gnaniodem Poda, a expliqué que les serviettes hygiéniques sont soumises à des contrôles stricts portant sur les documents d’importation, la qualité physique et la composition chimique des produits. le ministre a rassuré que des analyses en laboratoire sont régulièrement menées par l’ANRP et l’ANSSEAT. Ce mécanisme de sécurité permet de procéder au retrait, à la saisie ou la destruction des produits non conformes et de sanctionner les responsables.
Il a également souligné l’existence d’un système de veille permanente, qui a permis le retrait de certaines marques non conformes ces dernièresannées, et a invité les consommateurs à signaler tout produit suspect. Le ministre a enfin annoncé des mesures qui visent à soutenir la production locale de protections hygiéniques sûres.
Les marques à problème…
Après cette réponse, la députée Bailou a approfondi le débat à travers une série de questions précises en demandant le nombre de cas de non-conformité concernant les serviettes hygiéniques qui ont été relevés parmi les plus de 20 000 et 30 000 acteurs contrôlés en 2024 et 2025, et les sanctions appliquées.
Elle a également demandé la publication des marques ou types de produits déjà retirés du marché, ainsi que les motifs techniques exacts de ces décisions, qu’il s’agisse de substances dangereuses, de défauts d’étiquetage ou d’absence d’autorisation.

Accessibilité
Sur le plan économique, Bénédicte Bailou a interrogé le gouvernement sur l’application concrète des mesures fiscales et douanières en faveur des PME du secteur, notamment en matière d’exonérations, de facilités d’importation et d’accompagnement technique.
La députée s’est aussi inquiétée de l’accessibilité financière des protections produites localement en demandant si des dispositions sont prévues pour garantir que ces produits restent abordables pour les femmes et les jeunes filles à faibles revenus.
Elle a surtout plaidé pour l’ intégration de la question des serviettes hygiéniques sûres dans les politiques de santé sexuelle et reproductive, les programmes scolaires et les services de santé, afin que les efforts du gouvernement aillent au-delà des seuls contrôles du marché.
Avancée majeure
Cette intervention marque une étape importante dans la reconnaissance de la santé menstruelle comme un enjeu politique et social. En portant ce sujet à l’ALT, la députée Bailou contribue à briser les tabous et à renforcer la prise en compte des besoins des femmes dans les politiques publiques.
Une action féministe
Pour de nombreuses observatrices, cette prise de parole illustre une participation féministe concrète, où les réalités vécues par les femmes deviennent des priorités nationales.
La rédaction
Silures Média
« Au-delà des faits! »

