Journaliste reporter et présentatrice télé, Amandine Lalsaga porte la voix des invisibles. Elle croit au pouvoir du travail et de la persévéranc. À travers son parcours et ses productions, elle rappelle que les femmes doivent souvent se battre davantage pour se faire une place, mais que leurs luttes transforment peu à peu la société.
Rien ne predestinait Amandine Lalsaga au journalisme. Étudiante en biologie à l’Université Joseph Ki-Zerbo, elle imaginait un tout autre avenir professionnel. Mais un concours de circonstances va bouleverser son parcours. À la suite d’un test, elle est intégrée à la rédaction de Canal 3, l’une des anciennes chaînes privées du paysage audiovisuel burkinabè, en tant que journaliste reporter d’images (JRI). Une expérience qui marquera le véritable point de départ de sa belle carrière.

Premiers pas, spécialisation
Pendant quatre ans, elle apprend le métier sur le terrain. À cette époque, la formation est sommaire et les journalistes doivent souvent cumuler plusieurs tâches. Mais Amandine s’accroche. Pour renforcer ses compétences pédagogique, elle s’inscrit parallèlement à des cours du soir en marketing et communication. Une détermination qui témoigne déjà de sa volonté de progresser avec professionnalisme.

Défis et persévérance
Son parcours la conduit ensuite à la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB). Elle fait d’abord ses armes à RTB2, devenue aujourd’hui Télé Zénith, avant de rejoindre la chaîne mère RTB/Télé. Mais avant la chaine nationale, elle avait aussi effectué un passage à 3TV. De la blouse blanche a la caméra, Amandine réalise des reportages (sensibles au genre) qui marqueront durablement sa carrière.
Parmi eux, un portrait consacré à To Finley, icône de la musique burkinabè qui, malgré son talent, vivait dans des conditions précaires. Elle réalise également un reportage sur Nabaloum Dramane, dit Boum Boum, un ancien boxeur dont la situation après sa carrière sportive était loin d’être reluisante. Ces productions attirent l’attention et lui valent de nombreuses félicitations.
À la RTB, Amandine se spécialise progressivement dans le grand reportage. Elle contribue notamment à la rubrique très suivie du journal télévisé « Une semaine à …» et voit certaines de ses productions diffusées dans l’émission « 52 ». Son travail est salué par ses pairs et récompensé par plus d’une dizaine de prix.
Mais pour la journaliste, l’essentiel reste ailleurs, l’impact social de ses reportages. « Je suis très heureuse lorsqu’à la suite d’un reportage ou d’un portrait, il y a une suite positive pour la personne », confie-t-elle.
Journalisme d’impact
Elle se souvient notamment d’un portrait consacré à Noura, une cireuse de chaussures. Après la diffusion du reportage, l’histoire prend une tournure inattendue, elle sera reçue par le président de l’Assemblée nationale d’alors, Alassane Bala Sakandé, qui décide de l’accompagner. Sa vie change. « J’ai ressenti une grande satisfaction. C’est cela aussi, le journalisme : impacter positivement », explique Amandine.

Au fil des années, elle développe une sensibilité particulière pour les questions sociales, humanitaires et les problématiques liées aux femmes. Dans ses reportages, elle met régulièrement en lumière des femmes modèles, convaincue que la société burkinabè regorge de figures inspirantes qui méritent d’être connues.

Si elle reconnaît que la société ne fait pas toujours de cadeaux aux femmes journalistes, elle constate également des évolutions positives, fruit de nombreux combats menés par les femmes elles-mêmes.
Pour Amandine, la clé reste le professionnalisme. Son message aux jeunes femmes qui souhaitent embrasser cette carrière est « le travail bien fait.».
« À partir d’excellents reportages, de bonnes présentations et de bons articles, il n’y a aucune raison que les femmes journalistes ne soient pas respectées », affirme-t-elle.
Aujourd’hui, à travers son parcours et ses productions, Amandine incarne une forme de journalisme d’impact, celui qui donne une voix aux invisibles et qui, parfois, change des vies.
Jossira SANOU
Silures Media : «Au de-là des faits !»
