Après la rencontre avec le Président du Faso Ibrahim Traoré pour le 8 mars 2026, une femme rurale a été ciblée par des accusations de sorcellerie sur les réseaux sociaux. Un collectif d’associations dénonce ces actes et appelle à la justice.
Le 8 mars 2026, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme, le président Ibrahim Traoré a reçu un groupe de femmes rurales au Palais présidentiel. Quelques jours après, des publications et vidéos en ligne ont accusé une invitée de sorcellerie, constituant une véritable violence en ligne et une atteinte à la dignité et à la réputation des femmes rurales.
Le collectif d’associations condamne fermement ces actes et rappelle que la diffusion de tels contenus peut engager la responsabilité pénale selon le droit burkinabè (diffamation, injure publique, cyberharcèlement).
Cette situation illustre également l’importance des recommandations de la Déclaration de Kigali, adoptée par des médias africains, qui promeut la protection des femmes et filles dans les médias, la lutte contre les violences basées sur le genre et la promotion de pratiques journalistiques responsables.
Le collectif appelle les autorités compétentes à intervenir, les auteurs à retirer immédiatement ces contenus et assure tout son soutien aux femmes victimes pour qu’elles obtiennent justice et protection.

DÉCLARATION PUBLIQUE
RELATIVE AUX ACCUSATIONS DE SORCELLERIE PROFÉRÉES CONTRE UNE FEMME DU MONDE RURAL REÇUE AVEC SES SOEURS AU PALAIS PRÉSIDENTIEL LE 8 MARS 2026
Le dimanche 8 mars 2026, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme, Son Excellence le Président du Faso a reçu au Palais présidentiel un groupe de femmes issues du monde rural. Cet acte fort, porteur d’un message de reconnaissance envers les femmes, socle de notre société et de notre économie, honore tout le peuple Burkinabè et mérite d’être salué.
Malheureusement, après ce passage, nos organisations ont été alertées par la diffusion, sur plusieurs plateformes et réseaux sociaux, de vidéos et commentaires, dans lesquels une des femmes est ouvertement accusée de pratique de sorcellerie. Ces publications et vidéos soulignent encore la recrudescence des stéréotypes attachés à cette couche de la population, en ce qui concerne les accusations de sorcellerie. Ces comportements de ces internautes constituent des violences morales et atteintes graves à la dignité, à l’honneur et à la réputation de la femme.
Par la présente, nous tenons à rappeler solennellement que notre pays, le Burkina Faso, condamne ces faits. L’’article 514-1 du Code pénal rappelle que, constitue une accusation de sorcellerie, donc une infraction “ toute imputation, à une ou plusieurs personnes, de faits d’ordre magique, abstrait, imaginaire, surnaturel ou paranormal qui ne peut être matériellement ou scientifiquement prouvée et qui est de nature à porter atteinte à l’honneur, à la réputation, à la sécurité ou à la vie de celle-ci “. Nous rappelons par ailleurs que la diffusion de tels contenus sur les réseaux sociaux peut également engager la responsabilité pénale de leurs auteurs au titre d’autres infractions connexes, notamment la diffamation, l’injure publique et le cyberharcèlement, également réprimées par le droit burkinabè.
Nous sommes indignées par ces actes honteux et profondément rétrogrades et CONDAMNONS avec la plus grande fermeté ces accusations.
Au regard de ce qui précède,
➤ Nous invitons les autorités compétentes à se saisir de ces situations qui nuisent aux efforts du gouvernement en faveur de l’épanouissement des femmes ;
➤ Appelons les auteurs de ces vidéos et publications à y mettre immédiatement fin et à les retirer des réseaux sociaux, car chaque minute de diffusion aggrave leur responsabilité pénale ;
➤ Encourageons toutes les organisations de la société civile et les citoyens épris de justice à dénoncer systématiquement ces actes inacceptables auprès des autorités compétentes.
Nous adressons notre solidarité et profonde compassion aux femmes victimes de ces accusations ignobles. Nous leurs rassurons de notre disponibilité pour toutes démarches d’assistances (psychosociale, juridique et judiciaire) au besoin.
Fait à Ouagadougou, le 14 mars 2026
Ont signé :
Annick Koussoubé, PCA de FEMIN-IN
W. Cécile Thiombiano, PCA de l’ONIDS
Antoinette Kanzié, Présidente de l’AFJBF
Ali Kagambega, PCA du CIFDHA
Aminata Sanou, Directrice de publication de Silures Média
La Rédaction
