Après trois années de harcèlement en ligne contre la chanteuse ivoirienne Josey, le cyberactiviste Koudou Aimé Antoine, alias Shama, a été condamné à 12 mois de prison ferme et à une amende de 5 millions FCFA. Cette affaire illustre l’ampleur des violences numériques envers les femmes en Afrique, alors même que l’Union africaine (UA) et des ONG multiplient les initiatives pour combattre ce fléau.
« Il me chosifiait, ternissait mon image, me traumatisait et avait un impact négatif sur ma vie et mon entourage », a déclaré l’artiste Josey, lorsqu’elle a évoqué la souffrance subie selon nos confrèresde la RTI. Le harceleur, qui se faisait appeler Shama, a été reconnu coupable de harcèlement en ligne répété. Il reprochait à l’artiste, ses succès, la qualifiant de « grosse tête de Caterpillar », et tournait en dérision son disque d’or.
Harcelée depuis 9 ans
En effet, Josey est l’une des rares chanteuses ivoiriennes à avoir été distinguée par un disque d’or, qu’elle a obtenu en 2024 pour son album « Vibration Universelle ». L’artiste a expliqué qu’elle subissait ce type d’attaques depuis près de neuf ans, et c’est pourquoi elle a décidé de saisir la justice face au traumatisme moral.
Un combat continental
Cette affaire intervient alors que le continent africain renforce son arsenal juridique. En février 2025, l’Union africaine a adopté la Convention sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (AU-CEVAWG), un texte juridiquement contraignant qui vise à protéger les femmes de toutes formes de violences, y compris celles qui sont perpétrées en ligne.
Des chiffres alarmants et …
Le cyberharcèlement reste un problème majeur, comme le souligne un rapport de l’ONU Femmes du 28 juin 2024, qui cite des études mondiales et qui montrent que 16 à 58 % des femmes et des filles ont été ciblées par des violences en ligne.

La Déclaration de Kigali
Face à cette réalité, des initiatives voient le jour pour sensibiliser et agir. L’ONG African Women in the Media (AWiM) œuvre à la formation des femmes journalistes sur la narration des violences basées sur le genre, y compris les violences en ligne. Ce processus débouche sur la publication d’enquêtes journalistiques pertinentes accompagnées par des bourses de production. Cette lutte demeure une priorité urgente pour garantir la sécurité des femmes dans les espaces numériques.
Jossira SANOU
Silures Media
« Au-delà des faits ! »

